Mais au fait... qui était Maria Montessori ?

Docteur en médecine, psychiatre, anthropologue, militante féministe au début du XXe siècle, Maria Montessori fut précurseur dans l’observation et la compréhension de l’enfant. Parmi les premiers pédagogues à concevoir une science de l’éducation, elle a élaboré sa pédagogie tout au long de sa vie, évoluant en fonction de ses formations, voyages, rencontres mais, plus que tout, bâtissant son travail sur ses observations des enfants.

 

 

Elle est née en Italie le 31 août 1870 dans la province d’Ancôme.

Son goût pour les sciences la pousse à entreprendre des études de médecine, pour lesquelles elle devra se battre, la faculté de Rome étant à l’époque réservée aux seuls hommes. A 26 ans, elle devient l'une des premières femmes médecins en Italie et continuera à se former tout au long de sa vie, en suivant des licences en philosophie, psychologie et biologie.

 

      

Jeune femme engagée, elle participe activement à la campagne menée en faveur des droits politiques et sociaux des femmes et représente son pays au Congrès international pour les droits de la femme à Berlin en 1896.

 

En 1897, Maria Montessori obtient un poste dans la clinique psychiatrique de l’Université de Rome où elle côtoie des enfants et des adultes malades mentaux, internés dans des salles communes, sans aucune activité. Cette situation déclenchera ses réflexions sur l’enfant,

soutenant que les solutions ne sont pas nécessairement médicales et chimiques, mais plutôt éducatives.

 

Au Congrès Pédagogique de Turin, en 1898, elle déclare : « les enfants déficients ne sont pas des hors la loi, ils ont des droits. Ils ont droit à tous les bienfaits de l’instruction. Nous devons permettre à ces malheureux de se réintégrer dans la société, de conquérir leur place et leur indépendance dans un monde civilisé retrouvant ainsi leur dignité d’être humain. »                                                                                                  

 

 

Les bases sont posées et lorsque la direction de l’école orthophrénique de Rome lui est confiée, ses recherches vont s’enraciner dans les pas de deux grands médecins-éducateurs français : Jean Itard et Édouard Séguin. Elle reprend et développe du matériel élaboré pour les déficients sensoriels (lettres rugueuses, etc.). Les enfants dont elle a la charge apprennent à lire et à écrire et réussissent les examens italiens au même titre que les autres élèves. Maria Montessori s’interroge alors sur les obstacles qui empêchent « les enfants sains et heureux des écoles ordinaires » à ne pas dépasser ses « malheureux élèves » lors de ces tests...

 

 

En janvier 1907, elle est chargée par la ville de Rome de s’occuper des jeunes enfants des ouvriers d’un quartier pauvre à San Lorenzo. Elle ouvre ainsi sa première “Casa dei bambini” avec 60 enfants où elle applique et perfectionne sa méthode et son matériel.    

On commence rapidement à parler du miracle de San Lorenzo et de sa “Maison des enfants”, où les enfants travaillent librement et par plaisir, apprennent à écrire puis à lire à 4 ans… Des enseignants et médecins du monde entier viennent la visiter.     

 

Parallèlement, le  Dr Montessori écrit plusieurs livres dont « La pédagogie scientifique » en 1909 suivi de « Auto-éducation dans les écoles primaires » en 1913.        

Ces ouvrages font l’effet d’un coup de tonnerre dans un ciel bleu ; elle y dénonce en effet les conditions de vie et d’apprentissage des enfants qui sont proches de l’esclavage :

« Assis sur des bancs de bois, sans possibilité de bouger ou de se lever, tenus au silence, le dos courbé sur le pupitre, entassés dans des salles nues et froides, sous la domination d’un tyran qui leur imposait ses quatre volontés pour tout ce qu’ils devaient penser, apprendre ou faire… »

 

Elle sera l’une des instigatrices de la déclaration des Droits de l’Enfant. 

 

En 1917, Maria Montessori est invitée à la grande exposition universelle aux États-Unis. Elle se met à voyager dans le monde entier pour donner des conférences et former des professeurs. Elle révolutionne la notion d’enseignement et affirme que « l’enfant est un personne à part entière; il n’est pas un adulte miniature… »

    

Lorsqu’elle publie son ouvrage de référence, “L’enfant”, sa notoriété est mondiale.        

A Londres se dérouleront des stages internationaux accueillant jusqu’à 40 nationalités différentes. Elle y formera personnellement près de 5 000 éducateurs. 

 

Après son exil volontaire d’Italie en 1934 lorsque le gouvernement de Mussolini ferme ses écoles qu’il trouve « dangereuses », elle se fixe en Inde pendant la durée de la seconde guerre mondiale où elle crée un important centre de formation ; son œuvre est traduite en plusieurs dialectes. Elle rencontre Gandhi, Nehru et Tagore. Elle y approfondit son travail pour les enfants de 6 à 12 ans avec son fils Mario.

 

Elle est nominée 3 fois pour le prix Nobel de la Paix pour son travail sur l’éducation des enfants et élue « citoyenne du monde », l’une des fondatrices de l’UNESCO.

 

De retour d’Inde, elle revient faire des conférences en Europe, et notamment en Italie, où elle est réhabilitée par le gouvernement. C’est son portrait qui ornera les billets de 1000 lires…

Elle a fondé en 1929 l’Association Montessori International (AMI), dont le siège est à Amsterdam et qui siège à l’UNESCO. Elle s’établit donc en Hollande pour y continuer inlassablement son travail sur l’éducation jusqu’au 6 mai 1952, date de sa mort.

 

Il existe actuellement plus de 30 000 écoles Montessori dans le monde; 50 en France en 2010 et … 120 en 2017 ...  et presque 230 en 2018 ...


« L'enfant est pour l'humanité à la fois un espoir et une promesse. En prenant soin de cet embryon comme de notre trésor le plus précieux, nous travaillerons à faire grandir l'humanité. Les hommes que nous éduquerons de cette façon seront capables d'utiliser leurs pouvoirs divins pour dépasser les hommes d'aujourd'hui qui, eux, on confié leur sort aux machines. »                          Maria Montessori